Procrastination : le guide ultime pour mieux la comprendre

À un moment ou un autre, tout le monde est confronté à la procrastination. Pour certains, c’est juste passager, cela arrive de temps en temps. Pour d’autres malheureusement, la mauvaise habitude est ancrée. La vérité est que chaque personne qui procrastine de manière régulière aspire au plus profond d’elle-même à s’en débarrasser. Cependant, pour réussir à vaincre la procrastination, il est important de bien la comprendre.

L’objectif de cet l’article est donc de vous donner un ensemble d’informations générales et essentielles que vous devez savoir pour avoir une meilleure compréhension de la procrastination. 

Qu’est-ce que la procrastination ? 

De manière terre à terre, la procrastination c’est tout simplement le fait de reporter inutilement (et sans véritables raisons logiques) des décisions ou des actions qu’on devrait faire à un certain moment. Par exemple, si vous disposez d’une semaine pour terminer un travail, mais que vous le reportez sans cesse jusqu’à la date limite, alors que vous aviez l’intention de le faire plus tôt, alors vous procrastinez.

Généralement, la procrastination résulte de l’incapacité d’une personne à autoréguler son comportement. Cela consiste pour une personne à agir contre son meilleur jugement, en raison d’un manque de maîtrise de soi. Par conséquent, la procrastination est généralement irrationnelle. En d’autres termes, les gens procrastinent même lorsqu’ils se rendent compte que cela est mauvais pour eux, et même lorsqu’ils veulent arrêter.

Si on s’intéresse à la question d’un point de vue psychologique, le principal moteur de la procrastination est la priorité donnée à la réparation de l’humeur et à la régulation des émotions à court terme sur la réalisation et le bien-être à long terme. Cela signifie simplement que lorsque les procrastinateurs ont une aversion pour une tâche pour une raison quelconque, par exemple parce qu’ils sont anxieux ou parce qu’ils la trouvent ennuyeuse, ils la reportent, afin d’éviter de souffrir d’émotions négatives dans le présent. Ils le font en dépit du fait que ce report les empêchera d’atteindre leurs objectifs, et en dépit du fait qu’il pourrait les amener à ressentir davantage d’émotions négatives à long terme, ce qui est particulièrement probable dans les cas où les gens se sentent coupables de leur procrastination.

Quelques chiffres clés sur la procrastination

La procrastination est un phénomène largement répandu. D’après les recherches, environ 20 % de la population adulte et près de 50 % de la population étudiante procrastinent de manière régulière et cela devient problématique pour ces personnes qui éprouvent d’importantes difficultés dans leur vie quotidienne en raison de leur procrastination.

En outre, le nombre de personnes qui procrastinent en général est encore plus élevé. Par exemple, bien qu’environ 50 % des étudiants se considèrent comme des procrastinateurs chroniques, environ 75 % des étudiants se considèrent comme des procrastinateurs en général, et environ 80 à 95 % des étudiants disent qu’ils procrastinent dans une certaine mesure.

Cela démontre également que même si la procrastination est répandue en général, elle l’est particulièrement dans certaines populations. Par exemple, la procrastination est un problème tellement courant chez les étudiants que la tendance à remettre à plus tard les tâches jusqu’à la veille de leur échéance est parfois appelée le syndrome de l’étudiant.

Enfin, il convient de noter que certains éléments indiquent que le taux de procrastination dans la population augmente avec le temps, ce qui est cohérent avec la croissance de problèmes similaires tels que la mauvaise alimentation et les jeux, qui impliquent l’incapacité des gens à s’autoréguler. Cependant, la procrastination est loin d’être un phénomène nouveau, et elle a été documentée par diverses personnes au cours de l’histoire, comme en témoignent, par exemple, les écrits du poète grec Hésiode :

“Ne remets pas ton travail à demain et à après-demain, car l’ouvrier paresseux ne remplit pas sa grange, ni celui qui remet son travail à plus tard : l’industrie fait bien marcher le travail, mais l’homme qui remet à plus tard le travail est toujours aux prises avec la ruine.”

– Hésiode, dans “Les travaux et les jours” (vers 700 avant J.-C.)

Exemples de procrastination

Tout le monde ne procrastine pas de la même manière et pour les mêmes raisons. Les gens procrastinent de différentes manières et dans différents domaines de la vie, en adoptant divers types de comportements. Voici quelques exemples courants de procrastination :

  • Naviguer sur les réseaux sociaux au travail au détriment de vos tâches importantes.
  • Repousser à de nombreuses reprises des travaux académiques jusqu’à la veille du jour où ils doivent être rendus.
  • Vouloir mettre en place une nouvelle bonne habitude, comme faire du sport ou épargner de l’argent, mais la remettre à plus tard tout en vous disant que ce sera fait dans un avenir proche.
  • Vous voulez démarrer une entreprise, mais vous perdez du temps à chercher des informations sans importance au lieu de vous lancer tout simplement et mettre réellement quelque chose en place.

Comme vous pouvez le constater à partir de ces exemples, et comme vous continuerez à le voir dans les sections suivantes, la procrastination est un phénomène complexe, car différentes personnes peuvent la vivre de manière complètement différente et pour des raisons complètement différentes.

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Prédispositions à la procrastination

De nombreux facteurs personnels et contextuels sont associés à la probabilité qu’une personne soit prédisposée à la procrastination. Parmi les facteurs les plus importants, on peut citer :  

LA DÉMOGRAPHIE

Une compilation d’études sur la procrastination a montré que l’âge d’une personne est négativement associé à la probabilité qu’elle procrastine. Les gens ont tendance à moins procrastiner en vieillissant. En outre, cette analyse a montré que le sexe est également associé à la probabilité qu’une personne remette à plus tard, en moyenne les femmes procrastinent moins que les hommes.

Par ailleurs, divers autres facteurs démographiques sont associés à la tendance à la procrastination, comme la nationalité, le niveau d’éducation et l’état civil d’une personne. Certains de ces facteurs sont de nature plus causale, c’est-à-dire qu’ils peuvent rendre une personne plus encline à la procrastination, tandis que d’autres sont de nature plus corrélationnelle, c’est-à-dire qu’ils sont associés à des niveaux plus élevés de procrastination, mais n’incitent pas nécessairement une personne à procrastiner davantage.

Dans l’ensemble, bien que ces facteurs soient tous associés à la procrastination dans une certaine mesure, il est important de noter que la procrastination est présente dans la plupart des populations, ce qui explique pourquoi elle est considérée comme un comportement humain universel.

LA PERSONNALITÉ

Les recherches montrent qu’il existe une relation significative entre certains traits de personnalité et la tendance à la procrastination. Les plus notables d’entre eux sont les suivants :

  • La conscience (ou encore la conscienciosité), qui est la tendance à être discipliné, orienté vers la réussite, travailleur, concentré et organisé, est le trait de personnalité le plus fortement associé à la procrastination, et plus une personne est consciencieuse, moins elle est susceptible de procrastiner.
  • L’impulsivité, qui est la tendance à agir sans planifier ou sans tenir compte des conséquences de ses actions, est également fortement associée à la procrastination, et plus une personne est impulsive, plus elle est susceptible de procrastiner.
  • L’agréabilité, c’est-à-dire la tendance à se soucier des autres et à bien travailler avec eux, est un trait de personnalité qui est associé à la procrastination dans certains cas, et plus particulièrement dans les situations où les personnes ayant un faible niveau d’agréabilité procrastinent comme une forme de rébellion contre les tâches ou les délais qui leur sont imposés par une figure d’autorité qu’elles n’apprécient pas.
  • La recherche de sensations est un trait de personnalité qui est associé à la tendance à la procrastination dans certains cas, et plus particulièrement dans les situations où les personnes procrastinent afin de rendre les tâches plus stimulantes et excitantes, généralement en attendant juste avant la date limite pour les accomplir.

L’INTELLIGENCE

En général, il n’y a pas de corrélation significative entre l’intelligence des personnes et la tendance à la procrastination.

Cependant, lorsque les procrastinateurs travaillent et étudient, ils ont tendance à utiliser moins de stratégies cognitives, telles que la répétition et l’élaboration, ainsi que moins de stratégies métacognitives, telles que la planification préalable et l’autocontrôle. Cela peut avoir un effet négatif sur les performances des procrastinateurs lorsqu’il s’agit de tâches qui demandent un effort cognitif important.

LA GÉNÉTIQUE

Il existe une composante génétique de la procrastination et elle a permis d’établir que la tendance à la procrastination est modérément héritable. Cela concorde avec le fait que les facteurs associés, tels que la maîtrise de soi et la conscience, ont également une forte composante génétique.

L’héritabilité de la tendance d’une personne à la procrastination est fortement associée à l’héritabilité de sa tendance à l’impulsivité, et l’héritabilité de ces deux facteurs est principalement liée à l’héritabilité de la tendance à ne pas définir et maintenir des objectifs sur la durée.

LE TROUBLE DU DÉFICIT DE L’ATTENTION AVEC OU SANS HYPERACTIVITÉ (TDAH)

Les recherches montrent que le trouble du déficit de l’attention est associé à la procrastination à certains égards.

Par exemple, une étude a établi une corrélation significative entre les scores de TDAH et la tendance à la procrastination, ce qui signifie que plus une personne présente de comportements basés sur le TDAH, et plus ces comportements sont sévères, plus cette personne est susceptible de procrastiner.

Ceci est en accord avec le fait que de nombreux comportements basés sur le TDAH peuvent contribuer directement à la procrastination, comme dans le cas de la difficulté à maintenir l’attention pendant le travail, ou la tendance à être facilement distrait par l’environnement. En outre, le comportement de procrastination est parfois utilisé pour aider à diagnostiquer le TDAH, comme dans le cas de l’échelle d’auto-évaluation du TDAH pour adultes, qui demande aux personnes combien de fois elles retardent le début d’une tâche qui demande beaucoup de réflexion.

Par conséquent, la procrastination est généralement considérée comme un symptôme associé au TDAH, et les interventions visant à traiter le TDAH s’attaquent souvent à la tendance à la procrastination.

Cependant, il est important de garder à l’esprit qu’il existe différents types de TDAH, qui sont associés à la procrastination à différents degrés.

Par exemple, une étude a révélé que les symptômes du TDAH liés à l’inattention sont corrélés à la procrastination, alors que les symptômes liés à l’impulsivité et à l’hyperactivité ne le sont pas. Bien que l’étude présente certaines limites, ce qui signifie qu’il est tout à fait possible que l’impulsivité et/ou l’hyperactivité soient en fait associées à la procrastination, cela indique que différents types et symptômes de TDAH sont associés à la procrastination à différents degrés.

Enfin, notez que les recherches sur le sujet montrent également que les étudiants ayant des difficultés d’apprentissage ont tendance à procrastiner davantage que les étudiants sans difficultés d’apprentissage, et ont également tendance à souffrir davantage de leur procrastination. Cependant, comme il existe un large éventail de problèmes classés dans la catégorie des ” troubles d’apprentissage “, il est donc difficile de généraliser ces résultats à tous les étudiants ayant des troubles d’apprentissage, et il est possible que seuls certains troubles soient associés à la procrastination.

Pourquoi procrastinons-nous ?

Comme nous l’avons souligné plus haut, la procrastination résulte principalement de l’incapacité des gens à autoréguler leur comportement. Cet échec de l’autorégulation peut se produire pour diverses raisons, dont les suivantes qui semblent les principales :

  • Un environnement rempli de distractions ;
  • L’utilisation d’objectifs mal définis ;
  • Un manque de motivation ;
  • Un manque d’énergie ;
  • Une aversion pour la tâche à accomplir ;
  • La peur de l’échec ;
  • La peur de recevoir des commentaires négatifs de la part des autres ;
  • La perception d’un manque de contrôle sur les résultats possibles de votre travail.

Notez toutefois que, même si ces raisons sont parmi les plus courantes, il existe d’autres raisons de procrastiner. Ces raisons seront traitées en détail dans un article dédié.

Les principales conséquences négatives de la procrastination

La procrastination peut avoir des effets négatifs sur les gens de deux manières principales.

Tout d’abord, la procrastination peut affecter les performances des individus et les empêcher d’atteindre leurs objectifs. Par exemple, chez les étudiants, la procrastination est associée à de moins bons résultats aux examens et à de moins bonnes notes, ainsi qu’à un taux plus élevé d’abandons et d’échecs aux cours. De même, la procrastination est également associée à divers problèmes sur le lieu de travail, et des niveaux élevés de procrastination sont associés à un salaire plus faible, à des périodes d’emploi plus courtes et à une probabilité plus élevée d’être au chômage.

Deuxièmement, la procrastination peut également entraîner divers effets secondaires négatifs. Par exemple, la procrastination peut entraîner des niveaux de stress plus élevés, qui peuvent à leur tour causer divers problèmes de santé physique et mentale.

À cet égard, l’insuffisance de sommeil est un autre problème courant qui peut résulter de la procrastination. Cette situation est particulièrement fréquente lorsque les gens se livrent à la procrastination à l’heure du coucher, en repoussant inutilement l’heure d’aller se coucher. De plus, ce problème peut être exacerbé par le fait que le manque de sommeil est associé à des niveaux accrus de procrastination, ce qui peut conduire à un cycle où la tendance d’une personne à procrastiner la prive de sommeil, ce qui l’incite à procrastiner davantage, et ainsi de suite.

Il est à noter que certains facteurs peuvent contribuer à réduire l’impact négatif de la procrastination sur les gens. Par exemple, la pleine conscience, qui consiste à se concentrer sur le présent et à accepter les pensées et les émotions sans porter de jugement, peut contribuer à réduire le stress et les problèmes de santé que les gens rencontrent en raison de leur procrastination, tout en réduisant la probabilité qu’ils procrastinent en premier lieu.

Conclusion

  • La procrastination est le fait de reporter inutilement et de manière  irrationnelle des décisions ou des actions.
  • La procrastination est un phénomène répandu qui touche environ 20 % de la population totale et 50 % de la population étudiante.
  • La procrastination affecte les gens dans tous les domaines de la vie et est associée à une variété de problèmes, tels que de mauvaises notes, des salaires plus bas, un stress accru, et un taux plus élevé de problèmes de santé physique et mentale.
  • Les gens procrastinent pour différentes raisons, dont le manque de motivation, l’aversion pour la tâche, la peur de l’échec, la distractibilité et l’impulsivité.
  • Le fait de procrastiner peut avoir des conséquences négatives dans la vie des personnes concernées. Cela affecte notamment leur performance (non atteinte d’objectifs) et leur santé (stress, insuffisance de sommeil)